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information sur le développement environnemental en Aquitaine
Cahiers d'i.d.e.a N°8 - Printemps 2004
- Energie et Observation -
Les Certificats d’Economies d’Energie
ADEME, Service économie et Sébastien BOURGEOIS (Réseau i.d.e.a)
Introduction

Le débat national sur les énergies a montré que la maîtrise des consommations d’énergie constituait un enjeu important pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre et contribuer à limiter la vulnérabilité de nos approvisionnements énergétiques. Dans le secteur de la grande industrie, la mise en œuvre de quotas et d’un marché de permis d’émissions devrait conduire à limiter les émissions des industries fortement consommatrices d’énergie.
Les gisements d’économie d’énergie sont encore considérables dans les secteurs du logement, des entreprises tertiaires, des PMI et des transports mais les instruments « classiques » qu’ils soient d’ordre réglementaire ou fiscal rencontrent des limites compte tenu des imperfections des marchés et du caractère diffus des secteurs concernés. Des expériences étrangères, notamment au Royaume Uni, ont montré que la mobilisation des acteurs économiques en relation de proximité avec les consommateurs finaux pouvait permettre d’exploiter ces gisements à condition de mettre en place les incitations qui rendent attractives les services d’efficacité énergétique. Les collectivités territoriales sont alors des partenaires susceptibles de participer aux montages de projets d’économie d’énergie portant sur leur patrimoine.
Le Livre blanc, document préparatoire à la Loi d’Orientation sur l’Energie, identifie ainsi un dispositif de certificats d’économie d’énergie qui serait mis en place en France sur la période 2005-2008 pour un objectif total de 46 TWh d’économies.
Schéma du mécanisme

Ce système, qui s’apparente aux mécanismes de flexibilité (quotas) prévus dans le cadre du Protocole de Kyoto, est constitué de trois parties :



1. Obligations

Un certain nombre d’acteurs est soumis à une obligation chiffrée d'économie d'énergie. Cette obligation est remplie en réalisant des opérations de maîtrise de l’énergie permettant d’économiser des « kWh » au-delà d’une situation de référence (« baseline » préalablement définie). Les financeurs de ces projets se voient créditer des certificats correspondant à une certaine quantité d’énergie économisée (en MWh).

Dans les secteurs résidentiel, tertiaire et industrie, il s’agira de couvrir l’électricité, le gaz, les réseaux de chaleur, le fioul domestique et le GPL. Les acteurs sur lesquels porteront les obligations pourront être :
les fournisseurs d’électricité (hors électricité distribuée aux gros industriels) ;
les fournisseurs de gaz (hors gaz distribué aux gros industriels) ;
les maîtres d’ouvrage de réseaux de chaleur ;
les compagnies pétrolières et les distributeurs de produits pétroliers hors carburant.

Au final, ces différents agents soumis à des obligations d’économies d’énergie pourront les respecter de différentes façons :
en mettant en œuvre des programmes-types qui auront été définis préalablement par la puissance publique ;
en proposant un projet différent des programmes-types ; à charge alors à l’agent de démontrer et d’évaluer les économies d’énergie réalisées ;
en achetant des certificats d’économies d’énergie.




2. Programme-types
Les programme-types sont des mesures d’efficacité énergétique, préalablement définis par la puissance publique, qui permettent de réaliser des économies d’énergie, évaluées en MWh. Ces gains sont déterminés, le plus souvent ex ante de façon forfaitaire par la puissance publique : tout acteur prouvant l’accomplissement d’un programme-type se voit confier en contrepartie une quantité fixée de MWh économisés, ou « certificats ».


S’agissant des programme-types, les secteurs concernés sont le résidentiel, le tertiaire, l’industrie en dehors des installations soumises au régime des quotas d’émission de gaz à effet de serre et les transports.
Les coûts des programmes (diminués des coûts évités pour la mise à disposition de l’énergie) sont répercutés sur le consommateur final qui bénéficie, par ailleurs, des économies d’énergie réalisées.

Exemples dans le secteur résidentiel-tertiaire :
Actions éligibles
Agents éligibles bénéficiaires des certificats
Changement de chaudière
Installateurs, grandes surfaces spécialisées, fournisseurs d’énergie
Maître d’ouvrage
fournisseurs d’énergie
Installation de lampes basse consommation
Grande distribution, fournisseurs d’énergie
Pose de vitrages isolants
fenêtres Installateurs, fournisseurs d’énergie
Placement d’appareils électroménagers efficaces (ex : réfrigérateurs classe A+)
Grande distribution, fournisseurs d’énergie
Chaufferies collectives à bois
Maîtres d’ouvrage privés ou publics, fournisseurs d’énergie
Eclairage public performant
Collectivités territoriales, fournisseurs d’énergie
Installation de chauffe eau solaire
Installateurs, fournisseurs d’énergie



3. Certificats
Les certificats sont donc émis sur la base de projets éligibles à tous les obligés. Ils sont monnayables : un acteur n’ayant pas suffisamment de certificats pour remplir son obligation peut se procurer la quantité manquante, auprès d’autres opérateurs ayant dépassé leur objectif.

Les acteurs susceptibles d’acquérir des certificats d’économie d’énergie seraient a priori tous les acteurs pouvant conduire des programmes d’économie d’énergie validés par la puissance publique :
les acteurs soumis à obligation (notamment les fournisseurs d’énergie)
les acteurs impliqués dans la diffusion de matériels efficaces en énergie comme la grande distribution, le commerce spécialisé…
les maîtres d’ouvrage ou acheteurs qui font réaliser des travaux ou passent des commandes groupées (hôtellerie, propriétaires de parc immobilier, collectivités territoriales…)



Sébastien BOURGEOIS (Réseau i.d.e.a),
d'après ADEME, Service économie
Pour consultez l'intégralité des Cahiers d'i.d.e.a N°8     cliquez ici

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